C'est l'une des questions qui revient le plus souvent quand on commence à planifier Expédition 51 : est-ce que le trajet se fait bien?
La réponse courte : oui. Mais le trajet demande de la prudence, de la préparation et une bonne dose d'attention, surtout sur certaines portions de la route 389.
Expédition 51 n'est pas un circuit hors route. On n'a pas besoin de partir avec un véhicule d'expédition extrême pour vivre l'aventure. Par contre, il faut savoir que les distances sont longues, que le réseau cellulaire est limité ou inexistant sur plusieurs tronçons et que certains secteurs peuvent surprendre si l'on s'attend à rouler sur un chemin parfaitement régulier du début à la fin.
Voici donc à quoi s'attendre sur les différentes portions du circuit.
La route 389 : la portion à surveiller de plus près
Sur Expédition 51, la route 389 est probablement celle qui demande le plus de concentration. C'est elle que l'on emprunte au départ de Baie-Comeau pour remonter vers Fermont, avant d'entrer au Labrador. Elle est spectaculaire, parfois sinueuse, souvent isolée, et elle alterne entre sections asphaltées et sections de gravier.
Entre Baie-Comeau et Manic-5, la route est asphaltée, mais elle compte plusieurs courbes et pentes prononcées. On y croise aussi des camions lourds, qui ont toujours priorité. Il faut donc garder ses phares allumés, regarder régulièrement dans ses rétroviseurs et ne pas s'arrêter dans les virages, sur les ponts ou dans les côtes.
La 389 compte encore deux principales sections de gravier à prévoir : une première entre Manic-5 et le Relais Gabriel, sur environ 100 km, puis une deuxième entre Fire Lake et Fermont, sur environ 67 km. Ces sections sont généralement praticables, mais elles demandent d'adapter sa conduite. On ralentit, on garde une bonne distance avec les autres véhicules et on évite les manœuvres brusques. Lorsqu'on croise un véhicule, surtout un camion, mieux vaut réduire sa vitesse pour limiter les risques de projection de gravier dans le pare-brise.
La portion entre Fire Lake et Fermont requiert aussi une attention particulière. La route y est plus étroite, avec des courbes prononcées, et elle croise la voie ferrée à plusieurs reprises.
La route Translabradorienne : maintenant asphaltée
Bonne nouvelle pour les voyageurs : la portion du Labrador est maintenant beaucoup plus accessible qu'avant. Après Fermont, la route 389 devient la route 500 en entrant à Terre-Neuve-et-Labrador. On traverse ensuite Labrador City, Churchill Falls, Happy Valley-Goose Bay, puis on poursuit sur la route 510 vers le sud du Labrador et Blanc-Sablon.
La route Translabradorienne est aujourd'hui 100 % asphaltée sur le circuit d'Expédition 51. C'est un beau changement pour ceux qui avaient encore en tête les récits d'anciens voyageurs qui parlaient d'interminables sections de gravier au Labrador.
Mais asphaltée ne veut pas dire qu'il faut baisser la garde. Les distances demeurent très longues, les services sont éloignés et le réseau cellulaire est inexistant sur de grandes portions. C'est une route qui se fait bien, mais qui demande tout de même de l'autonomie.
Est-ce que ça prend un 4x4?
Pas nécessairement. Expédition 51 peut se faire avec différents types de véhicules, comme une voiture, une van, un VR ou une moto adaptée. L'important est surtout d'avoir un véhicule en bon état, des pneus bien gonflés, deux roues de secours sur jante et une conduite appropriée. On vous a d'ailleurs préparé un article complet sur ce qu'il faut prévoir pour le roadtrip.
La météo peut changer l'expérience
Même si la route est ouverte et praticable, la météo peut rapidement changer la perception d'un trajet.
La pluie peut rendre les sections de gravier plus glissantes. Le brouillard peut réduire la visibilité. Les vents peuvent être bien présents sur certains secteurs plus dégagés. Et selon la période de l'année, il faut aussi avoir en tête que le climat nordique peut surprendre.
Avant de prendre la route, on vérifie toujours les conditions routières et la météo. On consulte les informations officielles, on lit les panneaux d'affichage en chemin et on se garde une marge de manœuvre dans l'itinéraire.
Une route à vivre avec attention
L'état de la route fait partie des grandes questions avant le départ, et c'est normal. Expédition 51 impressionne avant même qu'on y soit.
Avec les bonnes informations en tête et un peu de flexibilité dans l'horaire, le trajet devient une partie intégrante du plaisir. On ne traverse pas simplement la Côte-Nord et le Labrador : on les découvre par la route, à leur rythme, avec tout ce que cela implique de grandeur, d'espace et d'imprévus.
Bon roadtrip!