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Pessamit, un peuple rieur au coeur d'une nature sauvage encore méconnue.
Crédit : Johany Sergerie

Quand on prend la route vers la Côte-Nord, c'est souvent synonyme de ressourcement. C'est accepter de se laisser porter par l'inconnu et de découvrir des paysages côtiers uniques, qui surprennent tous ceux qui s'y aventurent. Lorsqu'on prend le temps de ralentir, le voyage devient une expérience enrichissante faite de rencontres, de partages et de nature en constante évolution. À Pessamit, on retrouve tout cela. À travers les discussions, on découvre un peuple accueillant et généreux, des humains habités par la joie de vivre et dont le rire est tout simplement contagieux.

Un peuple rieur et résilient

À notre arrivée au Centre communautaire Ka Mamuitunanut, on remarque immédiatement un site bien entretenu où l'on peut découvrir l'histoire de Pessamit à travers des récits marquants. Ces témoignages reflètent un héritage riche et une profonde résilience par ce peuple.

Notre première rencontre est avec M. Armand Collard, un aîné de la communauté à l'énergie accueillante et bienveillante. À Pessamit, les résidents sont appelés Pessamiuilnut. Ils sont majoritairement Innus, un peuple autochtone qui, traditionnellement, menait une vie nomade. Ces derniers représentant l'une des 11 Premières Nations du Québec. Très vite, M. Collard nous offre des mots empreints de sagesse et de sincérité. Derrière sa barbe blanche se cache une âme encore jeune, avide de curiosité pour le monde. Un homme humble qui a su conserver la vie nomade. 

« Il faut prendre le temps d'être présent, être là. » - M. Armand Collard

En poursuivant notre visite, nous rencontrons Céline Bacon, coordonnatrice à Tourisme Pessamit. Généreuse et rayonnante, elle a ce don naturel de mettre ses invités à l'aise. Elle nous confie que son rêve est d'ouvrir un Airbnb, et il ne fait aucun doute que celuici obtiendrait facilement une note de cinq étoiles et le titre d'une “super hôte”. Née à Pessamit, Céline nous entraîne au fil des prochains jours à la découverte de ses endroits favoris, chacun porteur d'une histoire et d'une émotion.

Les paysages sauvages

« L'eau c'est mon enseignant » - Céline Bacon

Par un après-midi chaud et ensoleillé, nous suivons Céline vers son endroit préféré : la plage PessamiuNashipetimit. Ce lieu encore méconnu nous offre un moment rare : nous étions les seuls à marcher sur cette vaste plage sauvage, bercés par le rythme des vagues et le souffle du vent marin. Plus tard, nous découvrons le site de Papinachois, un espace riche en potentiel et en histoires. Ici, la rivière descend des montagnes pour rejoindre la mer, créant un décor naturel unique où il est possible de se baigner dans une eau ressourçante. Tout autour, la forêt boréale nous offre de l'ombrage et abritant une biodiversité impressionnante et innatendue. C'est aussi une zone profondément marquée par la mémoire et les traditions. Nous apprenons que les guides de la région viennent tout juste d'obtenir leur certification et s'apprêtent à offrir des visites guidées sur la rivière en canot. Une initiative prometteuse, qui permettra aux visiteurs de mieux comprendre le lien sacré entre ce territoire et ceux qui y vivent depuis toujours.

Comme le souligne Céline :

« Partager notre culture, vous accueillir chez nous, ça ouvre la voie à la réconciliation. » 

La culture

« Être innue, c'est d'abord la langue.»

Notre dernier matin à Pessamit est teinté de nostalgie à l'idée de reprendre bientôt la route vers Québec. Autour d'un feu crépitant, nous partageons encore quelques récits d'aventure, savourant la chaleur humaine autant que celle des flammes.

C'est dans ce cadre intime que Maylina Washish et Estelle Bacon, agentes touristiques et culturelles, nous initient à un savoir-faire ancestral : la préparation de la bannique, ce pain traditionnel cuit au feu de bois. Le parfum de la pâte dorée se mêle à celui de notre thé du Labrador, une infusion aux notes résineuses, typique de la forêt boréale. Ce moment simple, mais qui fait du bien, reflète toute la générosité du peuple innu.

La discussion glisse naturellement vers la langue innue-aimun, au cœur de l'identité culturelle. Pour Maylina et Estelle, transmettre cette langue est essentiel afin que les jeunes générations puissent non seulement comprendre leurs racines, mais aussi les faire vivre dans le quotidien d'aujourd'hui. Chaque mot appris devient une passerelle entre le passé et l'avenir, un lien précieux qui unit les familles et les communautés.

Avant notre départ, nous rencontrons Jean-Noël Hervieux, dit Takutaut, guide touristique et artisan passionné. Il nous présente ses créations confectionnées à la main : objets de cuir et œuvres inspirées par la forêt, la chasse et la rivière. Chacun de ses artisanats témoigne de son attachement au territoire et de la relation respectueuse qu'il entretient avec la nature.

En seulement deux jours, nous n'avons fait qu'effleurer tout ce que ce vaste territoire a à offrir. Pourtant, ce fut amplement suffisant pour s'attacher aux gens qui l'habitent et ressentir leur générosité. Pessamit est sans contredit un lieu qui mérite d'être connu, reconnu et ajouté à votre itinéraire lors de votre prochaine aventure sur la Route 138.

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