Quand on pense à Natashquan, on imagine souvent ces monuments historiques qui furent jadis des cabanes de pêcheurs. Ce n'est pas étonnant : leur charme authentique
attire le regard et nourrit l'imaginaire.
À l'origine, le village tire son nom de l'innu Nutahquaniu Hipu, qui signifie « rivière où l'ours noir est chassé ». Un nom évocateur, qui ouvre une fenêtre sur le passé et les traditions liées au territoire.
À quelques pas de là, le café L'Échouerie, avec son allure maritime colorée et accueillante, devient notre premier arrêt. Un apéro à la main et une bière locale à déguster, nous y dressons notre plan de match pour les prochains jours. Une mission toute simple : se détendre et rester près de la mer.
La Pêche au Homard
On entend souvent des légendes sur la qualité de la nourriture fraîche, et le homard de notre province n'est pas une exception : il est recherché dans le monde entier. Les gens viennent ici pour le découvrir et on l'exporte également. Mais, c'est avec Daniel Lalo que nous avons eu l'occasion de l'observer dans les eaux peu profondes où les crustacés se cachent sous les roches des rives du Saint- Laurent. Ainsi, M. Lalo nous montre la pêche à homard grâce à son filet doté d'un long manche.
Grâce au filet, il est facile d'inspecter si le homard est une femelle ou trop petit. Si c'est le cas il faut le relâcher pour des raisons environnementales. Alors que le bateau flotte doucement sur les vagues, M. Lalo nous raconte son mode de vie et son savoir-faire, entouré d'un paysage côtier calme, généreux en flore boréale.
Une fois son chaudron rempli, nous nous dirigeons vers une portion de la côte qu'il connaît parfaitement qui sera notre emplacement pour cuisiner le fruit de sa pêche. Avec l'eau de mer et du bois sec, nous portons l'eau à ébullition tandis que l'on tranche de la bannique, préparée par sa conjointe le matin même. Une chose est certaine : ce fut le meilleur homard dégusté dans un environnement absolument magique.
Autour du feu et du repas, les discussions sont remplies d'empathie et de rires, mais aussi de moments de silence. Ces instants nous permettent de simplement lâcher prise et d'apprécier la beauté du moment présent. Alors qu'on finit notre repas, il est temps de reprendre la mer avec la maré qui commence à descendre.
Les plages, où camper
Entourés de plages, le choix logique était de camper avec une vue directe sur la mer. Nous avons passé la nuit au Camping municipal Chemin Faisant de Natashquan, puis au Camping-Relais de Cayes. Un immense coup de coeur pour le couple propriétaire, qui nous a accueillis avec un grand sourire et une courtoisie sans pareil.
Sur la côte, ces endroits sont parfaits pour se reposer, prendre le soleil et se baigner. L'eau agit comme un véritable remède pour se détendre… et, bonus inattendu, elle aide également à faire une
pause bien méritée des insectes.
Le voyage conscient
Natashquan est un lieu où la mer, la nature et la culture se rencontrent, offrant une expérience unique. Des cabanes de pêche historiques aux paysages sauvages, en passant par la pêche au homard et les plages où camper, chaque moment révèle la beauté du territoire.
Rencontrer les habitants, découvrir leurs traditions et partager leur quotidien rappelle qu'un voyage ne se limite pas à visiter des lieux : il s'agit aussi d'écouter, observer et apprendre. Lorsqu'on part à la rencontre d'une culture différente, il est essentiel de garder l'esprit ouvert et de mettre certaines normes de côté. Certaines façons de faire peuvent surprendre, et c'est parfaitement normal. L'important est de rester curieux, respectueux et attentif sans juger de façon prématurée.
Un voyage ici devient une invitation à ralentir, s'émerveiller et se connecter pleinement au monde qui nous entoure.
Par Béatrice Vu