Lorsqu'on s'aventure sur Expédition 51, c'est souvent sur la route 389 que l'on réalise vraiment dans quoi on vient de s'embarquer.
À peine sortis de Baie-Comeau, on quitte le rythme tranquille du fleuve pour s'enfoncer vers le nord. Les paysages changent, la route devient plus sinueuse, les distances s'étirent et on perd le réseau cellulaire. C'est ici que l'esprit d'Expédition 51 prend forme!
La 389, parfois surnommée la route de la Manic, est le seul trajet qui permet d'atteindre le Labrador à partir de la Côte-Nord. Elle est l'une des portions les plus marquantes du circuit, autant pour ses paysages que pour ses arrêts emblématiques.
Voici quelques incontournables à visiter entre Baie-Comeau et Fermont.
Manic-2
Une première rencontre impressionnante
Située à environ 22 km de Baie-Comeau, la centrale Jean-Lesage, mieux connue sous le nom de Manic-2, donne rapidement le ton au voyage. On vous le dit d'avance... vous serez impressionné lorsque vous arriverez devant cette immense installation d'Hydro-Québec.
En saison estivale, il est possible de visiter l'intérieur de la centrale et d'en apprendre sur le fonctionnement de l'infrastructure. Il faut cependant penser à réserver. C'est une belle façon de commencer Expédition 51 en comprenant davantage le territoire que l'on s'apprête à traverser.
Manic-5
Voir le barrage Daniel-Johnson de près
S'il y a un arrêt à ne pas manquer sur la route 389, c'est bien Manic-5. Le barrage Daniel-Johnson impressionne par sa taille, sa forme et son emplacement. C'est l'un des plus grands barrages à voûtes multiples et à contreforts du monde, et certainement l'un des symboles les plus forts de cette portion d'Expédition 51.
Prendre le temps de s'y arrêter permet non seulement d'admirer la structure, mais aussi de prendre conscience de toute la démesure du territoire. Selon la saison, des visites guidées nous en apprennent plus sur sa construction et sur le génie québécois derrière cet ouvrage.
En poursuivant vers le nord, la 389 se transforme en route en lacets et longe l'immense structure de béton avant de rejoindre le réservoir, en amont du barrage. C'est une portion de route particulièrement saisissante où l'on a presque envie de garder les yeux rivés sur le barrage. Mieux vaut toutefois rester bien concentré : le chemin demande toute votre attention, avec ses courbes et son relief marqué.
La Station Uapishka
Dormir au pied des monts Groulx
Un peu plus loin, au km 336, la Station Uapishka est l'un des arrêts les plus marquants de la route 389. Situé au pied des monts Uapishka, aussi appelés monts Groulx, cet écolodge nordique offre une option d'hébergement et de restauration en pleine nature, sur le bord du réservoir Manicouagan.
La station sert de camp de base pour les amateurs de plein air, les chercheurs et les voyageurs qui veulent prendre le temps de s'imprégner du territoire. On aime également le fait qu'elle soit administrée par le Conseil des Innus de Pessamit, dans un lieu qui permet d'entrer en contact avec une dimension culturelle importante.
Même si vous n'êtes que de passage, l'arrêt vaut le détour.
Les monts Groulx
Randonner dans un décor de taïga et de toundra
Pour les amateurs de randonnée, le secteur des monts Groulx est l'un des grands coups de cœur de la route 389. Situé au nord du 51e parallèle, le massif compte plusieurs sommets de plus de 1000 mètres d'altitude. On y retrouve un décor de taïga et de toundra, avec des panoramas impressionnants sur le réservoir Manicouagan, aussi connu pour son immense cratère météoritique.
Deux accès principaux se trouvent sur la route 389, notamment vers les secteurs Provencher et Jauffret. Il faut toutefois garder en tête que les monts Groulx ne sont pas une petite promenade improvisée. Pour une sortie plus accessible, le mont Harfang peut également être une belle option. Les sentiers offrent de superbes points de vue sur les plateaux et le réservoir Manicouagan.
Si vous n'avez pas le temps de vous lancer dans une longue randonnée, prenez au moins quelques minutes pour vous arrêter près du départ du sentier Provencher.
On y trouve des œuvres inusitées créées avec des éléments naturels, qui ajoutent une touche humaine et artistique à ce décor immense.
L'ancienne ville de Gagnon
Faire une pause chargée d'histoire
En poursuivant vers le nord, prenez le temps de vous arrêter dans le secteur de l'ancienne ville de Gagnon. Cette municipalité minière, aujourd'hui disparue, rappelle une facette importante de l'histoire de la route 389 et du développement du Nord québécois.
Sur place, un panneau d'interprétation permet d'en apprendre plus sur cette ancienne ville. À son apogée, près de 4000 personnes y vivaient, avec des écoles, un aréna, un hôpital, une bibliothèque, une piscine intérieure et une vraie vie communautaire en pleine forêt boréale. Après le déclin du marché du fer et la fermeture du site minier, Gagnon a officiellement fermé en 1985.
Les bâtiments ont été démolis ou déplacés, les rues recouvertes de gravier, et la nature a peu à peu repris sa place. C'est un arrêt discret, mais marquant, qui permet de mieux comprendre l'histoire minière et humaine de la route 389.
La mine Mont-Wright
Entrer dans le territoire minier de Fermont
Plus on s'approche de Fermont, plus l'univers minier devient présent. La mine Mont-Wright est l'un des sites les plus impressionnants du secteur. En exploitation depuis 1974, elle couvre une superficie de 24 km² et fait partie des plus grandes mines de fer à ciel ouvert au Canada.
Pour les voyageurs, c'est une autre facette de la route 389. Après les barrages, les montagnes et les réservoirs, on découvre l'importance de l'industrie minière dans l'histoire et le développement de cette partie de la Côte-Nord. Des visites sur réservation sont offertes en saison estivale.
Prendre le temps de vivre la route
La route 389 n'est pas seulement une route de passage. C'est une portion d'Expédition 51 qui mérite que l'on ralentisse, que l'on s'arrête et que l'on regarde autour. On peut bien sûr la traverser en une journée. Mais si l'horaire le permet, prendre le temps de s'y poser change complètement l'expérience.
Parce que sur Expédition 51, la route n'est pas un moyen de se rendre quelque part. Elle fait partie du voyage.
Par Au Québ